Rappelles toi quand tu étais « gamin ». Bien avant internet, avant les PC, avant les PSP, avant les soirées et les sorties sur les quais. Je parle des bouquets de pissenlits, de la petite souris et du père-noël, Je parle du magasin du coin dans le temps où les crocodiles en gélatine on en mangeait jusqu'à s'en faire mal au ventre. Rappelles toi de la balle aux prisonniers et du trap-trap dans la cour d'école, des cerceaux et des rubans, de la balançoire où on esperait qu'une chose: faire un tour entier, des millions de piqûres de moustiques après une soirée passée à courir dans les champs. Des combats d'oreillers, de Superman, et de l'odeur de ta couette toute propre. Je parle de quand prendre de la drogue voulait dire croquer une aspirine , de quand nous faisions semblant de fumer avec nos cigarettes en chocolat, de quand le coin de la rue semblait le bout du monde, Je parle de quand les filles ne s'embrassaient pas, et qu'on trouvais que l'amour c'était trop beurk. Je parle de quand on se baignait assez longtemps pour avoir les doigts plissés, de quand les décisions étaient prises en faisant Plouf Plouf , de quand la pire chose que l'on pouvait attrapper du sexe opposé s'était des poux. Je parle du temps où on regardait les dessins animés à partir de 5h tous les matins, et trente millions d'amis en criant "Lui, je le veux!". Du temps des cache-caches au crépuscule les soirs d'été, des bonbons qu'on achetait avec les billets du monopoly, des veilleées sur le balcon en pyjama avec les copains, de courir à travers l'arrosoir automatique même si l'eau était glacée, de construire des forts dans le sable et des bonhommes dans la neige, de marcher jusqu'à l'école quelque soit la température, de sauter sur le lit et de tourner sur soi-même jusqu'à devenir étourdi, de manger du chocolat dès qu'on voulait. C'était quand la pire humiliation était d'être pris le dernier dans une équipe à l'école, quand les ballons d'eau signifiaient armes ultimes, quand les cartes de pokémon était un outil d'échange redoutable, quand les catalogues IKEA faisaient office de magasins, quand les bobos étaient guérient par un bisou magique. J'veux revenir dans ce temps-là, dans le temps que maman s'inquiètait pas lorsque les filles allaient chez des garçons, dans le temps qu'on s'éraflait les genoux en gardant le coeur totalement intact, du temps ou un bisou sur la joue voulait dire on sort ensemble et que baiser voulait dire bisou, du temps ou ta maman décidait comment t'habiller, du temps où les marques n'avaient aucune importance, du temps où Facebook n'existait pas, du temps où on s'appellait pour jouer. J'te parle de quand le sida ne nous effrayait pas, de quand on disait que tout arrive seulement aux autres, de quand on avait presque tous nos papas et nos mamans, et quand plus de ca ils s'aimaient.
J'te parle de bien avant que la cigarette tue tant, j'te parle de quand tout allait si bien.